Le nombre de condamnations à mort en Algérie a enregistré une hausse en 2025, indique, ce lundi 18 mai, Amnesty International dans son rapport sur le recours à la peine de mort dans le monde.
En 2025, l’organisation a recensé au moins 11 condamnations à mort et au moins 273 personnes sous le coup d’une sentence capitale. En 2024, l’organisation avait enregistré au moins 8 condamnations à mort contre au moins 38 en 2023 et 54 en 2022.
Toutes les condamnations à mort recensées en Algérie en 2025 ont été prononcées contre des hommes reconnus coupables de meurtre.
L’année dernière, une révision de la loi relative à la lutte contre les stupéfiants a été adoptée, élargissant les circonstances dans lesquelles des infractions liées aux stupéfiants sont passibles de la peine de mort.
Il est possible de revenir sur ces orientations, d’éviter de nouveaux reculs en matière de droits humains et de poursuivre l’objectif d’une abolition totale de la peine de mort en Algérie
Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie
« Cette nouvelle loi pourrait entraîner une augmentation du nombre de condamnations à mort comme nous l’avons constaté dans plusieurs pays où la peine capitale est parfois présentée comme un instrument de sécurité de l’État ou comme un moyen d’affirmer la fermeté des institutions face au trafic de drogue. Il existe encore une marge de manœuvre pour infléchir cette dynamique. Il est possible de revenir sur ces orientations, d’éviter de nouveaux reculs en matière de droits humains et de poursuivre l’objectif d’une abolition totale de la peine de mort en Algérie. » a déclaré Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie
Un nombre record d’exécutions dans le monde
Au niveau international, au moins 2 334 nouvelles condamnations à mort ont été prononcées dans 48 pays, contre au moins 2 087 dans 46 pays en 2024.
Le nombre d’exécutions en 2025 a atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré par Amnesty International depuis 1981. Au total, l’organisation a recensé 2 707 exécutions dans 17 pays contre 1 518 en 2024.
Au moins 2 159 personnes ont été exécutées en Iran, 356 en Arabie Saoudite et au moins 47 aux États-Unis. Le total indiqué pour 2025 n’inclut pas les milliers d’exécutions qui, selon les estimations d’Amnesty International, ont eu lieu en Chine.
Cette hausse alarmante des exécutions est principalement attribuée à un petit groupe isolé de 10 pays qui continuent de recourir de manière systématique à la peine capitale : Etats-Unis, Arabie saoudite, Chine, Corée du Nord, Égypte, Iran, Irak, Somalie, Viêt-Nam et Yémen.
Ce nombre record d’exécutions s’explique également par le retour de politiques extrêmement punitives au nom de la « guerre contre la drogue ». Près de la moitié des exécutions recensées en 2025 ont été prononcées suite à des condamnations pour des infractions liées aux stupéfiants.
En 2025, quatre pays ont repris les exécutions après une interruption : les Émirats arabes unis, le Japon, le Soudan du Sud et Taiwan.
L’abolition mondiale reste à portée
Malgré cette hausse record, des avancées dans plusieurs régions montrent que des progrès restent possibles.En Europe et en Asie centrale, aucune exécution ni condamnation à mort n’a été recensée. Dans les Amériques, les Etats-Unis ont été, pour la 17e année consécutive, le seul pays à procéder à des exécutions. En Afrique subsaharienne, seuls la Somalie et le Soudan du Sud ont procédé à des exécutions. En Asie du Sud et du Sud-Est, des exécutions ont été recensées en Afghanistan, au Singapour et au Viêt-Nam.
Au Viêt-Nam, les autorités ont aboli la peine de mort pour huit infraction, tandis que la Gambie l’a supprimée pour le meurtre, la trahison et d’autres infractions contre l’État. Aux États-Unis, une grâce a été accordée, pour la première fois, à une personne noire condamnée à mort dans l’État de l’Alabama.
Au Liban et au Nigeria, des textes visant à abolir la peine de mort ont été présentés, tandis qu’au Kirghizistan, une tentative de rétablissement de la peine capitale a été déclarée inconstitutionnelle.
La peine de mort n’améliore pas notre sécurité.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International
« Il est temps que les pays qui ont recours aux exécutions s’alignent sur le reste du monde et tournent le dos à cette pratique ignoble. La peine de mort n’améliore pas notre sécurité. En revanche, elle constitue une atteinte irréversible à l’humanité qui est motivée par la peur, au mépris total du droit international relatif aux droits humains », a déclaré Agnès Callamard.
Lorsque Amnesty International a lancé sa campagne contre la peine de mort en 1977, seuls 16 pays avaient totalement aboli ce châtiment. Aujourd’hui, 113 pays l’ont aboli totalement, tandis que plus des deux tiers des pays dans le monde sont désormais abolitionnistes, en droit ou en pratique.


