La destruction illégale et arbitraire par Israël de tours d’habitation civiles continue à avoir des conséquences dévastatrices pour les familles palestiniennes déplacées dans la bande de Gaza, où la reconstruction reste un rêve lointain, tandis que se poursuivent le génocide et les frappes aériennes malgré le prétendu cessez-le-feu d’octobre 2025, a déclaré Amnesty International mardi 12 mai.
Afin d’illustrer la gravité des destructions arbitraires causées par les forces israéliennes à Gaza, Amnesty International diffuse ce 12 mai une enquête sur le fait que l’armée israélienne a réduit à néant au moins 13 immeubles résidentiels et commerciaux de plusieurs étages à travers la ville de Gaza entre septembre et octobre 2025. L’organisation a déterminé que l’armée israéliene a gravement endommagé ou détruit ces tours, où logeaient des milliers de personnes – dont de nombreux déplacé·e·s -, en larguant plusieurs bombes sur chaque immeuble après avoir forcé les résident·e·s à quitter les lieux en les ayant avertis juste avant, et a demandé que ces actes donnent lieu à des enquêtes pour destruction injustifiée, sanctions collectives et attaques directes contre la population civile, constituant des crimes de guerre.
Les déclarations d’Israel Katz, le ministre israélien de la Défense, immédiatement après certaines de ces destructions apportent une preuve supplémentaire que ces bâtiments n’ont pas été détruits pour des raisons de nécessité militaire impérative, mais plutôt pour infliger une punition collective et une dévastation généralisée à la population civile, dans le but d’exercer des pressions politiques sur le Hamas et dans le cadre d’une campagne de déplacement forcé à grande échelle.
Au cours du mois ayant précédé le prétendu cessez-le-feu d’octobre 2025, Israël a étendu et intensifié son offensive impitoyable contre la ville de Gaza, provoquant l’une des pires vagues de déplacements massifs dans le contexte du génocide
Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.
« Au cours du mois ayant précédé le prétendu cessez-le-feu d’octobre 2025, Israël a étendu et intensifié son offensive impitoyable contre la ville de Gaza, provoquant l’une des pires vagues de déplacements massifs dans le contexte du génocide. L’une des principales caractéristiques de cette offensive a été la destruction délibérée, par des bombardements aériens, d’immeubles civils de plusieurs étages, menant à l’anéantissement des habitations de milliers de civil·e·s et de camps de fortune situés à proximité. Tous les éléments disponibles indiquent que la destruction par Israël de ces 13 tours d’habitation n’était pas « rendue absolument nécessaire par des opérations militaires » et doit donc faire l’objet d’une enquête en tant que crime de guerre », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.
« La destruction de ces grands immeubles à Gaza s’inscrit dans des pratiques plus larges de démolition implacable d’infrastructures essentielles qui, parallèlement aux vagues répétées de déplacements massifs dans des conditions inhumaines et à la privation d’une aide humanitaire vitale, constitue l’un des éléments clés du génocide perpétré par Israël, s’apparentant à l’acte interdit consistant à infliger délibérément aux Palestinien·ne·s de Gaza des conditions de vie destinées à causer leur destruction physique, en tout ou en partie. »
Amnesty International a interrogé 16 ancien·ne·s habitant·e·s et autres personnes déplacées à la suite de ces destructions, ainsi que des témoins, et le Laboratoire de preuves du programme Réaction aux crises de l’organisation a analysé des images satellite et authentifié plus de 25 vidéos, qui ont mis en évidence un schéma effrayant de destruction délibérée de structures civiles par les forces israéliennes, sans qu’il n’y ait de nécessité militaire, condition pourtant requise par le droit international humanitaire. Le 19 mars 2026, Amnesty International a adressé au ministère israélien de la Défense des questions concernant les frappes et les déclarations faites, mais n’avait pas reçu de réponse au moment de la publication du présent communiqué.
Amnesty International avait précédemment établi qu’Israël a procédé à des destructions systématiques de zones civiles entre décembre 2023 et mai 2024, sans nécessité militaire impérative, dans le cadre d’efforts visant à étendre une « zone tampon » le long du périmètre oriental de Gaza. L’organisation a également établi, au moyen d’images satellite et de séquences vidéo que les forces israéliennes ont complètement rasé ce qui restait de la ville de Khuzaa, dans le sud de la bande de Gaza, en l’espace de deux semaines en mai 2025.
Depuis le début du prétendu cessez-le-feu d’octobre 2025, les forces israéliennes ont continué à démolir des habitations et d’autres bâtiments dans des zones où elles exercent déjà un contrôle opérationnel total à l’est de la soi-disant « ligne jaune ». Il s’agit de zones dans lesquelles il est interdit aux Palestinien·ne·s de retourner et qui représentent plus de 55 % de la superficie totale de Gaza. Les limites de la « ligne jaune » sont floues et constamment redessinées par l’armée israélienne.
L’impunité dont Israël a bénéficié à Gaza lui a donné carte blanche pour reproduire ces pratiques illégales ailleurs, notamment au Liban
« L’impunité dont Israël a bénéficié à Gaza lui a donné carte blanche pour reproduire ces pratiques illégales ailleurs, notamment au Liban. Le ministre israélien de la Défense a par exemple évoqué Gaza dans ses menaces d’accélérer la destruction des villages situés à la frontière sud du Liban. L’armée israélienne a déjà détruit des milliers d’installations civiles, notamment des logements, des parcs et des terrains de football à travers le Liban », a déclaré Erika Guevara Rosas.
La quatrième Convention de Genève interdit les châtiments collectifs ainsi que la destruction de biens par la puissance occupante « sauf dans les cas où ces destructions seraient rendues absolument nécessaires par les opérations militaires. » Le droit international humanitaire interdit également les attaques visant des biens de caractère civil. « La destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire » constituent une violation grave de la quatrième Convention de Genève et un crime de guerre. Les faits de diriger intentionnellement des attaques contre des biens de caractère civil et de mettre en œuvre des punitions collectives constituent également des crimes de guerre.
« Ces démolitions n’ont pas seulement rasé le béton ; elles ont réduit en ruines les maisons, les vies et les souvenirs de leurs habitants, transformant en gravats et en poussière certains des monuments urbains les plus emblématiques de la ville de Gaza. Pour les Palestinien·ne·s qui ne sont pas autorisés à retourner dans leurs foyers situés à l’est des soi-disant lignes jaunes, bien qu’ils aient installé leurs tentes au point le plus proche possible de l’autre côté de celles-ci, le bruit des bulldozers réduisant à néant leurs maisons et leurs terres est devenu un fond sonore quotidien douloureux dans une vie où les combats n’ont jamais vraiment cessé », a déclaré Erika Guevara Rosas.
Des responsables célébrant la destruction
En août 2025, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a annoncé qu’Israël allait intensifier ses opérations militaires afin de faire pression sur le Hamas pendant les négociations de cessez-le-feu en cours. Peu après, le 5 septembre 2025, les attaques contre des immeubles d’habitation, localement appelées tours, ont commencé lorsque l’armée israélienne a considérablement intensifié son offensive militaire pour prendre le contrôle de la ville de Gaza.
Ce même matin du 5 septembre, le ministre de la Défense Israel Katz a déclaré sur les réseaux sociaux que « le verrou des portes de l’enfer avait été supprimé », et a explicitement lié ces frappes à l’exigence que le Hamas accepte les conditions d’Israël.
Cet aveu franc contraste fortement avec les affirmations habituelles des forces israéliennes – dans ce cas comme dans bien d’autres, sans présenter aucune preuve – selon lesquelles les bâtiments sont pris pour cible en raison de la présence de combattants ou d’infrastructures du Hamas.
Par exemple, avant de lancer sa campagne de destruction de tours d’habitation dans la ville de Gaza le 5 septembre, l’armée israélienne a affirmé que « dans le cadre de la préparation de l’offensive accrue contre le Hamas dans la ville de Gaza, les Forces de défense d’Israël (FDI), sous la direction du Commandement du Sud, ont mené des recherches approfondies en matière de renseignement et identifié une activité terroriste importante du Hamas au sein d’une grande variété d’infrastructures dans la ville de Gaza, en particulier dans de grands immeubles ». L’armée israélienne n’a fourni aucune preuve à l’appui de ces allégations.
Dans des déclarations ultérieures, Israel Katz a continué de menacer de détruire Gaza si les otages n’étaient pas libérés et si le Hamas ne désarmait pas, indiquant clairement que la destruction avait été menée pour faire pression sur le Hamas plutôt que par nécessité militaire impérative lors d’opérations sur le champ de bataille.
Par exemple, le 8 septembre 2025, Israel Katz a publié sur son compte X officiel : « Aujourd’hui, un énorme ouragan s’abattra sur le ciel de la ville de Gaza et les toits des tours de la terreur trembleront. Ceci est un dernier avertissement aux meurtriers et violeurs du Hamas à Gaza et dans les hôtels de luxe à l’étranger : libérez les otages et déposez les armes – ou Gaza sera détruite et vous serez annihilés. »
Dans d’autres déclarations publiées sur son compte X, Israel Katz a commenté la destruction d’immeubles de grande hauteur et d’autres structures civiles avec triomphe et jubilation, et a laissé entendre que cette destruction avait été menée pour « supprimer l’incitation », ce qui ne peut en soi être considéré comme constituant une nécessité militaire impérative susceptible de justifier la destruction de biens civils en vertu du droit international.
Par exemple, le 14 septembre, il a écrit, à la suite d’une frappe aérienne contre l’Université islamique de Gaza : « L’université « islamique » de Gaza s’envole vers les cieux. Elimination des sources de terrorisme et d’incitation à la violence. »
Il a repris cette déclaration dans un message publié sur les réseaux sociaux le lendemain, se réjouissant de la destruction de la tour Al Ghofari : « La tour du terrorisme de Burj al Ghofari s’effondre dans la mer de Gaza. Nous noyons les foyers du terrorisme et de l’incitation. »
« En liant explicitement la destruction de logements à des demandes politiques, les autorités israéliennes, représentées par le ministre de la Défense, ont de fait reconnu utiliser la souffrance des civil·e·s comme monnaie d’échange et punir collectivement la population civile plutôt que de mener des destructions justifiées par une nécessité militaire impérative », a déclaré Erika Guevara Rosas.
Aucune preuve de l’existence d’objectifs militaires
L’armée israélienne n’a par ailleurs pas fourni de preuves suffisantes pour étayer ses affirmations selon lesquelles les tours visées étaient utilisées par le Hamas ou d’autres groupes armés palestiniens à des fins militaires. Au contraire, un examen effectué par Amnesty International du site Internet officiel de l’armée israélienne a révélé qu’un commentaire général du porte-parole de l’armée israélienne était utilisé après la destruction de chaque immeuble de grande hauteur, souvent sans préciser quel bâtiment avait été visé, ni fournir de détails plus spécifiques au-delà de la formulation standard suivante :
« Les FDI, sous le Commandement du Sud, ont frappé un immeuble de grande hauteur utilisé par le Hamas dans la ville de Gaza. Des terroristes du Hamas y avaient installé du matériel de collecte de renseignements et établi des postes d’observation, afin de suivre les mouvements des FDI et de faciliter des opérations terroristes contre l’État d’Israël et contre nos forces. Avant ces frappes, des mesures ont été prises pour réduire autant que possible le risque de blesser des civils, notamment une notification préalablement adressée à la population, l’utilisation de munitions à guidage de précision, une surveillance aérienne et des mesures de surveillance supplémentaires. »
Amnesty International a écrit à l’armée israélienne le 19 mars 2026 pour lui demander quelles étaient les raisons des frappes contre chacun de ces bâtiments particuliers au moment où ils ont été attaqués, et qui et/ou quoi étaient les cibles visées par ces attaques, mais n’a pas reçu de réponse.
Les recherches effectuées par l’organisation n’ont fourni aucun élément indiquant que des combattants utilisaient ces bâtiments ou y séjournaient, ni aucune preuve d’activité militaire sur ces sites au moment où les tours ont été détruites, ce qui contredit les affirmations générales de l’armée israélienne. L’armée israélienne n’a pas non plus présenté de preuves qu’il existait d’autres raisons remplissant la condition selon laquelle la destruction de ces bâtiments était rendue absolument nécessaire par des opérations militaires. S’il est possible que des tours présentent une valeur stratégique lors d’opérations de combat en zone urbaine, cette utilisation future potentielle ne respecte pas la règle prévue par le droit international d’une « nécessité impérative » pour faire de la destruction des tours un acte proportionné.
Semer la panique
Dans la plupart des cas où des immeubles de grande hauteur ont été détruits, l’armée israélienne a appelé l’un des habitants de l’immeuble afin de l’avertir qu’elle s’apprêtait à bombarder, lui ordonnant de dire aux résident·e·s ou aux voisin·e·s de quitter les lieux immédiatement ou dans les minutes qui suivaient. Ces avertissements ont provoqué une panique générale, forçant des milliers de personnes à fuir en abandonnant tous leurs biens.
Un résident, professeur d’université vivant à la tour Mushtaha 6, dans le quartier de Rimal de la ville de Gaza, a décrit la terreur qu’il a ressentie en essayant de faire évacuer les 76 familles qui vivaient dans l’immeuble – dont certaines hébergeaient également des proches déplacés – après avoir reçu un appel de l’armée israélienne l’avertissant.
Il a déclaré : « Vous ne pouvez pas imaginer ce que j’ai ressenti et la panique qui a suivi […] Nous n’avons pas eu le temps de prendre quoi que ce soit. Mes parents sont âgés, mon père a 85 ans et ne peut pas marcher. Nous vivions au huitième étage et j’ai dû demander à des voisins de m’aider à le porter jsuqu’en bas. Mes enfants sont jeunes, le plus petit n’a que deux ans et devait lui aussi être porté.
« Une fois dehors, nous sommes restés à attendre et, au bout du compte, cela a pris beaucoup de temps, peut-être deux heures, avant que l’immeuble ne soit bombardé. Si nous avions su, nous aurions pu emporter quelques affaires avec nous. Mais une fois dehors, nous n’osions pas retourner à l’intérieur. C’était trop dangereux. »
De nombreuses familles venaient tout juste de rentrer chez elles depuis le sud, profitant de la trêve de janvier 2025 afin de réparer leurs appartements endommagés, pour finalement les voir complètement détruits quelques mois plus tard.
Le professeur d’université a décrit l’impact sur son fils de sept ans, Ibrahim, qui se trouvait à ses côtés lorsqu’il a reçu l’appel annonçant que l’immeuble allait être bombardé, et qui en est resté traumatisé :
« Maintenant, il est obsédé par le téléphone. Il vérifie sans cesse que le téléphone fonctionne, car il a peur que quelqu’un appelle à nouveau pour nous dire que l’endroit où nous nous trouvons va être bombardé. »
Une attaque survenue le lendemain, le 6 septembre 2025, a entraîné la destruction de la tour al Soussi, haute de 15 étages, située dans la zone industrielle à l’ouest de la ville de Gaza.
Mariam, qui séjournait chez des parents dans l’un des appartements de la tour al Soussi, a déclaré qu’on avait donné 20 minutes aux résident·e·s pour quitter l’immeuble avant qu’il ne soit bombardé : « Soudain, les gens se sont mis à hurler de sortir immédiatement […] tout le monde s’est précipité pour sortir sans avoir le temps de prendre quoi que ce soit. Dans la précipitation, les gens se bousculaient pour sortir. »
Le porte-parole de l’armée israélienne a diffusé la déclaration générale mentionnée ci-dessus à 13 h 28 pour justifier la destruction, sans préciser de quel bâtiment il s’agissait ni fournir de détails supplémentaires ou la moindre preuve. La date et l’heure de publication de ce commentaire laissent penser que l’armée faisait bien référence à la tour al Soussi, mais Amnesty International n’a pas pu confirmer la présence de cibles militaires dans les environs.
Israël a également détruit des bâtiments abritant des infrastructures de la société civile et des médias, tels que la tour al Roya, qui abritait le siège du Centre palestinien pour les droits humains (PCHR), et la tour al Ghofari, le plus haut bâtiment de Gaza, où se trouvaient de nombreux bureaux commerciaux, dont celui du média libanais Al Mayadeen.
Un complexe de 17 étages connu sous le nom de « Tour italienne », un bâtiment emblématique reconstruit grâce à des fonds du gouvernement italien en 2023, a également été détruit le 26 septembre alors qu’il était vide et fermé à clé. La justification habituelle a été publiée ce jour-là sur le site officiel de l’armée israélienne, encore une fois sans préciser de quel bâtiment il s’agissait, ni fournir la moindre preuve.
Un ingénieur en informatique de 32 ans, qui vivait avec sa femme et leurs trois enfants au cinquième étage de l’immeuble Al Najm, un bâtiment de 10 étages situé sur la rue du marché dans le camp de réfugiés d’al Shati à Gaza, a déclaré à Amnesty International que vers 18 heures le 11 septembre, un de ses voisins avait crié aux résident·e·s de sortir immédiatement car l’immeuble serait bombardé dans cinq minutes : « J’étais chez moi avec ma femme et nos trois enfants, dont le plus jeune n’avait que huit mois, lorsque les voisins ont commencé à crier et à se précipiter pour sortir de l’immeuble. Nous n’avons pas eu le temps de rassembler nos affaires. Nous avons pris nos enfants et nous nous sommes précipités en bas avec pour seules possessions les habits que nous avions sur le dos. »
Il a expliqué que la famille vit désormais sous une tente à Khan Younis, dans le sud de Gaza, dans des conditions éprouvantes : « Nos enfants sont malades à cause de la pluie et du froid. C’est particulièrement difficile d’élever un bébé dans des conditions aussi désastreuses. Nous manquons de tout. Mes autres enfants, une fille de six ans et un garçon de sept ans, sont traumatisés ; nous avons dû fuir notre maison et ils l’ont vue réduite en ruines sous leurs yeux. Ils ne comprennent pas et je ne sais pas comment leur expliquer. »
Un autre habitant, un chauffeur et père de trois enfants âgé de 33 ans, a déclaré à Amnesty International qu’au moment de la destruction, 16 personnes se trouvaient chez lui, car il hébergeait ses parents déplacés, deux de ses frères et leurs épouses, ainsi que cinq enfants.
« La destruction généralisée d’infrastructures vitales, notamment des habitations, que ce soit par bombardement ou par démolition à l’aide d’explosifs, associée aux restrictions imposées par Israël sur l’entrée de matériaux de construction à Gaza et à l’interdiction de retourner dans les zones situées à l’est de la ligne jaune, a infligé des souffrances catastrophiques à la population de Gaza. Israël doit permettre un accès immédiat et sans entrave à l’aide et à des biens indispensables, par exemple des matériaux de construction. Les responsables israéliens qui ont ordonné des destructions illégales, des châtiments collectifs ou des actes de génocide doivent être amenés à rendre des comptes », a déclaré Erika Guevara Rosas.
Complément d’information
Selon l’évaluation finale rapide des dégâts et des besoins à Gaza, menée conjointement par la Banque mondiale, l’Union européenne et les Nations unies et publiée le 20 avril, environ 371 888 logements dans toute la bande de Gaza – soit plus de 76 % du parc immobilier total – ont été endommagés ou détruits au cours des deux premières années du génocide, contraignant 60 % de la population totale de Gaza à continuer à vivre sans abri dans le contexte d’un déplacement de masse persistant, dans des conditions inhumaines, dangereuses et insalubres.
Selon une analyse réalisée par UNOSAT, le Centre satellitaire des Nations unies, sur la base d’images satellite recueillies les 22 et 23 septembre 2025, 83 % des structures de la ville de Gaza ont été endommagées ou détruites, ce qui représente une augmentation de 37 % par rapport à l’évaluation menée deux mois auparavant. Cela reflète l’intensification de l’offensive militaire contre la ville de Gaza à la mi-août.


