États-Unis. Amnesty International condamne le nouvel homicide extrajudiciaire de six personnes dans les eaux internationales

Au lendemain de l’attaque menée le 10 mars 2026 par le gouvernement des États-Unis ciblant un navire dans l’est de l’océan Pacifique, Amnesty International condamne fermement ces actes et réaffirme qu’ils constituent des homicides extrajudiciaires, une forme de meurtre que prohibe le droit international, et portent gravement atteinte aux principes les plus fondamentaux d’humanité et de légalité. Aucune circonstance ne saurait justifier la privation arbitraire de la vie.

D’après le Commandement militaire américain pour l’Amérique latine et les Caraïbes (SouthCom), cette attaque, qui s’ajoute aux plus de 40 attaques perpétrées de manière unilatérale par les forces armées états-uniennes depuis septembre 2025, a fait six morts, portant à au moins 157 le nombre total de décès enregistrés à ce jour dans ce type d’opérations.

Dans un message publié sur le réseau social X, le Commandement militaire américain pour l’Amérique latine et les Caraïbes a indiqué que cette attaque avait été menée sous la direction du commandant Donovan, au motif que le navire était exploité par des organisations désignées comme terroristes par les États-Unis. Il s’agit de l’une des frappes les plus meurtrières depuis qu’elles ont débuté le 2 septembre 2025.

Les États-Unis ne peuvent pas revendiquer le droit de faire exploser des bateaux avec des personnes à bord sur la seule base de soupçons de narcotrafic ou d’activités soi-disant illicites. La communauté internationale ne peut pas normaliser ces exécutions extrajudiciaires, dans lesquelles l’armée américaine est à la fois juge et bourreau

Ana Piquer, directrice du programme Amériques d’Amnesty International

Elle évoque également la responsabilité hiérarchique dans ce type de graves violations des droits humains et demande une enquête approfondie et indépendante qui remonte jusqu’aux plus hauts niveaux du gouvernement états-unien, afin que ceux qui ont donné les ordres rendent des comptes devant la justice.

« La vie humaine ne peut pas être laissée à la merci des coups de tête d’un président. Aucun président ni aucune armée n’a le droit d’ôter la vie de façon arbitraire. Le niveau de déshumanisation et de cynisme dont témoignent ces actes est très inquiétant et le monde entier doit s’en préoccuper. Il est urgent de mettre en œuvre l’obligation de rendre des comptes et de mettre un terme à ce type d’attaques. Puisque le bureau du procureur général donne son aval, le Congrès doit intervenir en usant de son pouvoir de surveillance et mener une enquête », a ajouté Ana Piquer.

Amnesty International déplore le manque de fermeté et de leadership de la plupart des gouvernements et de l’Organisation des États américains (OEA). Elle demande à la communauté internationale de dénoncer fortement ces actes, qui menacent les droits humains et le respect du droit international, instaurés précisément pour que la dignité humaine l’emporte sur toute autre forme de pouvoir.

Les gouvernements doivent suspendre immédiatement le partage de renseignements susceptibles de contribuer à ces opérations, ainsi que les licences d’exportation de tout matériel de défense pouvant servir à perpétrer ces homicides.